22 DécNaufrage micro Engoulevent

Naufrage engoulevent, microchallenger en baie d’Authie:

Le propriétaire explique:

Voici en quelques mots, le récit surprenant du naufrage d’Engoulevent.
Samedi 10 octobre les conditions météo étaient favorables avec un vent d’Ouest 12-14 knts et une mer 2.
Au retour, avec le jusant contre le vent, une petite barre s’est élevée à l’entrée de la baie d’Authie. Rien de bien méchant et pourtant…
Dans un surf, Engoulevent (Micro Challenger 5.50 m) se fait coiffer par la vague, part à l’aulofée et embarque le paquet de mer par tribord. Le voilier se couche mais ne se redresse pas. La vague qui suit lui est fatale. Engoulevent se retourne alors définitivement. Le chef de bord et son équipier ont été récupérés par la SNSM de Berck. C’est ensuite toute une chaîne de solidarité et d’amitié qui s’est mise en place pour assister les navigateurs.

Comment est-ce arrive ? Qu est ce qui fait que le bateau ne s est pas redresse ?

Explications sur les forces en presence qui empechent a un voilier de chavirer … ou pas …

La revue bateau dans son numéro de janvier 2011 donne quelques éléments sur la stabilité des bateaux.

Schéma permettant d’expliquer l’influence de la largeur sur la stabilité du bateau.

 

Légende:

  • CG= centre de gravité (point d’application de la résultante des forces de gravité – point fixé)
  • CC= centre de carène (point d’application des volumes immergés – lorsque le voilier gîte, ce point se déplace)

Plus le bateau est large, moins le bateau sera gîtard.

Lorsque les 2 points d’applications se retrouvent alignés,  le voilier chavire.

On peut considerer que le micro Challenger se retrouve plutot dans la configuration 1.

Est-ce vraiment un défaut ? Oui et non.

Pour la sécurité comme pour la performance, la largeur permettra d’avoir une certaine raideur à la toile, ce qui permettra de border plus longtemps tout en restant à plat.

Par contre dans le cas où sur une survente, le voilier gîte avec excès, un voilier plus étroit comme un Challenger chavirera de manière permanente beaucoup plus tardivement. La notion de lest a son intérêt ici également.

 

 

 

 

 

 

 

 

On sait que la jauge micro impose à un bateau d’être capable de redresser un poids de 10kg en tête de mât avec celui-ci posé sur l’eau soit à 90°.

Le cas  Engoulevent selon les explications du propriétaire:

  • d’abord il s’est couché à 90° (ça n’aurait pas dû poser de problèmes puisqu’il n’avait pas atteint son couple de redressement)
  • malheureusement une vague l’a fait rouler et l’a fait atteindre son angle de chavirage. Quel angle ? 100°-120° 140° ???

En résumé, on sait déjà que ce bateau peut se coucher sur l’eau et même normalement un peu plus. C’est déjà un bon point.

Mais le débat devrait aller plus loin. Il existe toujours une inconnue et il aurait été interessant que le chantier la mette à disposition.

Ce qu’on sait, c’est que le Challenger par rapport à un voilier moderne de par son étroitesse:

  • Atteindra plus rapidement son angle maximum de couple de redressement
  • Atteindra plus tardivement son angle de chavirage

 

2 questions complementaires quant a la perte de stabilite definitive du bateau:

– Est-ce que la dérive est rentrée lorsqu’il a basculé, limitant du coup le couple de redressement ?
– Est-ce que le capot était ouvert ou fermé ?

 

Merci a Engoulevant pour sa video et son temoignage.

 


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